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Ils l’ont fait ! Je les aime <3

« La violence, c’est juste un signal de ton cerveau qui te dit qu’y a urgence à devenir bienveillant avec toi-même. »

Donc quand tu te rends compte que tu gueules sur ton môme, que tu le tires par le bras ou que tu l’assieds dans son siège auto comme si c’était un sac de patates (J’avais eu une sale nuit, j’ai dit pardon et tout, juré.), ben tu te dis « Hou là, JE vais pas bien, je devrais m’occuper un peu de moi, dès que j’aurai demandé pardon et fait un câlin. » au lieu de te dire « C’est pas grave, je l’éduque, il est chiant en ce moment. »

J’ai envoyé un message à l’équipe de « Et tout le monde s’en fout » il y a plusieurs mois pour leur raconter que la violence éducative ordinaire, tout le monde s’en fout, et ce serait cool que ça change. Ils m’ont répondu qu’ils étaient sur le coup.

Voilà le résultat !

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Fessées, gifles, cris : les enfants humiliés font des adultes fragilisés

Un article très clair sur la violence éducative en France, sa perception et son évolution.

Paru sur TheConversation.com

 

Fessées, gifles, cris : les enfants humiliés font des adultes fragilisés

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Châtiments corporels, gravure de 1769, par Jean Baptiste Le Prince d’après François Boucher (Musée national de l’éducation).
Julien B./Flickr, CC BY-SA

Jean-Luc Viaux, Université de Rouen Normandie

Une campagne nationale contre les « violences éducatives ordinaires » vient d’être lancée sur Internet, le 23 janvier, par la Fondation pour l’Enfance, et se poursuivra ensuite à la télévision. « Frapper », « humilier », « crier sur son enfant », « c’est le marquer pour longtemps », soulignent les vidéos diffusées par cette fondation reconnue d’utilité publique, dans le but de « sensibiliser les parents ».

Le médecin généraliste Gilles Lazimi, coordinateur de la campagne, en a expliqué les objectifs à l’AFP : « Il n’y a pas de petite claque, ni de petit coup, ni de paroles anodines envers nos enfants. Toutes ces pratiques que nous reproduisons parce que nous les avons subies sont des violences, peuvent les marquer pour longtemps, et retentir sur leurs acquisitions et leur devenir ». Et d’ajouter : « Entre adultes, toute violence est un délit, alors pourquoi ne l’est-elle plus quand elle a pour cibles nos enfants ? »

Ainsi, l’idée de les élever sans violence fait, lentement, son chemin dans notre pays, même si la majorité des citoyens considèrent encore la fessée comme un geste sans grande conséquence. De nombreuses études, pourtant, montrent que les enfants humiliés font des adultes fragilisés.

Un plan de lutte contre les violences aux enfants

Le tout premier plan de lutte contre les violences faites aux enfants avait été adopté le 1er mars 2017.

« En 2014, quand j’ai commencé à parler d’éducation sans violence, je me suis heurtée à du scepticisme, à de la raillerie, voire à de l’hostilité, avait déclaré Laurence Rossignol, alors ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes, dans un entretien au quotidien La Croix. Aujourd’hui, de très nombreuses personnes soutiennent ces pratiques ».

Le précédent gouvernement avait pourtant essuyé un revers dans son effort pour modifier les pratiques au sein des foyers. Un amendement en faveur de l’éducation sans violence glissé dans la loi égalité et citoyenneté devait en effet modifier le texte du Code civil sur l’autorité parentale. En janvier 2017, pourtant, il avait été censuré par le Conseil constitutionnel, pour des raisons de forme – et non de fond.

« À l’exclusion de tout traitement cruel »

La portée de l’amendement était avant tout symbolique, la formulation visant à faire prendre conscience que l’on peut éduquer les enfants sans l’exercice de la force physique. L’article 371-1 du Code civil est ainsi rédigé : « L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant. Elle appartient aux parents jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne ». L’amendement y ajoutait ces mots : « et à l’exclusion de tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles ».

La précision témoignait de l’évolution nécessaire des mentalités. Cela n’a pourtant pas empêché des médias de prendre à la légère cette initiative législative ambitieuse en la réduisant à la volonté d’interdire la fessée, le quotidien Le Monde titrant par exemple « l’amendement contre la fessée censuré ». Du coup le débat sur l’éducation sans violence a été – trop vite – évacué. On a surtout entendu des réflexions de nature à reproduire indéfiniment la violence, des variations sur le même thème, « quand j’étais petit, j’ai pris des fessées et je n’en suis pas mort ».

L’ampleur des violences toujours exercées contre les enfants peut être estimée à partir de données épidémiologiques. Plus de 250 infanticides (définis comme le meurtre d’un enfant de moins de 1 an) sont commis chaque année, selon l’extrapolation d’une étude Inserm portant sur la période 1996-2000. 180 à 200 syndromes de bébé secoué surviennent chaque année en France, en dépit d’une intense campagne d’information dans les maternités. Ces chiffres ne concernent que les tous petits et ils sont, à eux seuls, effarants.

La maltraitance, présente dans tous les milieux sociaux

Le tableau qui se dessine à partir d’un sondage de l’association L’Enfant bleu, réalisé en 2015, est plus saisissant encore. Ainsi, 14 % des personnes interrogées déclarent avoir été victimes de maltraitances physiques, sexuelles ou psychologiques au cours de leur enfance. 45 % suspectent au moins un cas de maltraitance dans leur environnement immédiat, c’est-à-dire famille, voisins, collègues ou amis proches. Par ailleurs, pour une majorité d’entre eux, la maltraitance des enfants est un phénomène à la fois fréquent (72 %), présent dans tous les milieux sociaux (88 %), et reste un sujet tabou, dont on ne parle pas (72 %).

Comment comprendre, alors, le sondage indiquant, en 2015, que 7 Français sur 10 étaient opposés à l’interdiction des châtiments corporels envers les enfants ?

Ainsi, les trois quarts des Français sont convaincus que la maltraitance est une pratique fréquente. Et la même proportion considère acceptables les gifles et la fessée ! Ce hiatus s’explique par un phénomène bien connu des psychologues : dans l’esprit des parents, la maltraitance, ce sont les autres.

Une correction certes un peu forte…

Les professionnels en charge de la protection de l’enfance ont tous entendu un jour des couples dont les enfants ont dû être placés après un constat médical de coups et blessures dire que, jamais au grand jamais, ils ne les avaient « maltraités ». Certes, admettaient-ils, la correction avait pu être un peu forte mais comment faire autrement ? Et pourquoi leur adresser des reproches et pas à leurs voisins, qui font bien pire ? Sans compter tous ces parents qui laissent traîner leurs enfants dans les rues…

La violence éducative est banalisée, et ce quelle que soit l’origine sociale. De sorte qu’on constate aujourd’hui dans notre société un malentendu, doublé d’une cécité des pouvoirs publics, quant au coût de ces violences en termes de santé publique et de désagrégation sociale.

Les conséquences de la violence éducative ordinaire sur les enfants sont établies, et ce depuis longtemps, comme le montre l’article que j’avais publié dès 1998 dans Les Cahiers de la sécurité intérieure, « Enfant de moins de 3 ans, les conséquences de la maltraitance ». Celles des abus sexuels sont soulignées par la psychiatre Muriel Salmona dans l’ouvrage collectif paru en 2017, Pratique de la psychothérapie EMDR (Dunod), sous la direction de Cyril Tarquinio, professeur de psychologie clinique de la santé à l’Université de Lorraine.

Un développement cognitif compromis

Un enfant humilié ou battu, a fortiori un enfant violé, souffre de psychotraumatismes. Cette situation compromet son développement cognitif, ce qui nécessite du soutien scolaire et un enseignement spécialisé, et entraîne aussi souvent échec scolaire, abandon des études et absence de diplôme.

Le trouble de la personnalité le plus fréquent, tant chez les jeunes délinquants que chez les adolescents suicidaires, marginaux ou décrocheurs, est celui de la personnalité « borderline ». Il est caractérisé par des tendances dépressives, addictives, dépendantes et suicidaires, souvent de l’agressivité et une adaptation sociale précaire. On sait avec certitude, depuis les années 1970, que ce trouble est lié à des traumatismes vécus dans la première enfance.

En d’autres termes, les violences subies par les enfants se payent par une incapacité sociale, une dépendance et une vulnérabilité qui mobilise la médecine, plus spécialement la pédiatrie et la psychiatrie, et les services sociaux. Les études qui le démontrent sont recensées par l’Institut australien des études sur la famille sous le titre « Les effets des abus et de la négligence vis-à-vis des enfants dans l’enfance et l’adolescence ». Les chercheurs belges Emmanuel de Becker et Marie-Amélie Maertens nous renseignent, pour leur part, sur le devenir de l’enfant victime de maltraitance sexuelle, dans leur article paru en 2015 dans les Annales médico-psychologiques.

Une fragilité à l’âge adulte

Ces psychotraumatismes engendrent, à l’âge adulte, des troubles somatiques autant que psychiatriques, ainsi que la majorité des désocialisations. Beaucoup de soignants n’en ont pas conscience, car s’intéresser à l’enfance d’un patient est désormais considéré comme une vieille lune portée par des psys dépassés, car imbibés de freudisme. Il est plus moderne de parler de « harcèlement moral » ou de « burn-out » que de fragilité traumatique acquise dans les premières années de la vie.

Mais les faits cliniques sont têtus. Dès qu’un adulte bute sur un rapport de force semblable à celui vécu au cours d’une enfance sous emprise, la soumission apprise engendre chez lui la violence par réaction, la dépression ou d’autres troubles psychiques graves.

La prévention des désordres familiaux et sociaux

L’incitation à une éducation sans violence, telle que portée par la campagne nationale actuellement visible sur les écrans, va dans le sens, d’abord, du respect de la convention internationale des droits de l’enfant. Elle participe, ensuite, à la prévention des désordres familiaux et sociaux, en combattant l’idéologie néfaste d’une éducation usant des rapports de force.

La clinique éducative et psychologique moderne en a démontré la nécessité. Comme l’écrit la Convention nationale des associations de protection de l’enfant (CNAPE) dans son communiqué de presse du 31 janvier 2017, « l’éducation sans violence n’est pas laxiste, ce n’est pas laisser faire l’enfant-roi qui aurait tous les droits. Bien au contraire. Elle est exigeante, demande patience, dialogue, explications en permanence. C’est à ce prix que les enfants d’aujourd’hui, élevés avec soin et dans la dignité, seront les adultes de demain respectueux, pacifiques et empathiques ».

The ConversationCette évolution ne peut se produire qu’avec le temps, à force « d’éducation » des citoyens, précisément. Et avec l’avènement, sans doute, d’une nouvelle génération. Elle passe par une éducation à l’intimité (connaître les limites de son espace psychique et corporelle, reconnaître celui de l’autre à travers l’expression des émotions) et à la socialité (savoir partager des activités et construire avec l’autre) qui permet de déterminer les limites entre soi et l’autre. Car la capacité à respecter les autres suppose de savoir, d’abord, se respecter soi.

Jean-Luc Viaux, Professeur émérite en psychologie, Université de Rouen Normandie

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

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Une année 2018 pleine de bonheurs

Et qui commence avec des cadeaux !
Oui, je sais, d’habitude, c’est plutôt à la fin de l’année, les cadeaux, mais c’est mon blog, je fais ce que je veux ❤

Si vous êtes là juste pour ça, vous avez le droit, et vous sautez à la fin du post, dac ?

Je sais plus si je vous avais raconté pour la poutre du temps… Ce loooooong calendrier inventé par Maria Montessori que j'ai découvert dans Balthazar et le temps qui passe… C’est vrai que le temps est linéaire et que pour les enfants, c’est beaucoup plus simple de s’y retrouver comme ça. Et puis finalement, c’est chouette pour toute la famille de visualiser toute l’année en sachant ce qui approche, ce qui est encore loin…

On ne maîtrise pas le temps, autant s’y faire, mais le comprendre, c’est déjà le début de la fin d’un certain nombre d’angoisses, et ça donne la sensation qu’on ne fait pas que subir. C’est dur de subir, pour les petits comme pour les grands, je trouve.

BREF !
Moi, j’adore. Alors comme ça ne se trouve pas dans le commerce, tous les ans, j’en fabrique une pour mes minettes. Et puis j’en tire une de plus pour le fils de cette copine qui vient de divorcer car il a du mal à savoir quand il va revoir papa. Et puis encore une autre pour ma nièce ado qui trouve ça cool dans sa chambre et n’oublie plus son sac de gym le mardi. Et puis y a aussi cette petite de 8 ans qui a du mal à se repérer dans le temps et dans l’espace et que ça aide bien. Et puis dans un bureau, c’est marrant pour visualiser les projets sur l’année et les vacances de chacun, et puis, et puis, et puis. C’est aussi juste un chouette calendrier.

Sauf que cette année, la talentueuse Emmanuelle Robin (dont vous pouvez admirer le travail ici : http://laboitearobin.blogspot.fr/) a eu la bonne idée de se l’approprier pour la rendre hyper jolie <3<3<3

Et tadam !! On vous présente notre super LIGNE DU TEMPS :
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Le truc fait presque 4 mètres, je vous préviens, mais on peut rouler les extrémités. Chez nous, y a les jours d’école de la grande en violet et les jours de crèche de la petite (Je vous ai dit qu’elle avait commencé la crèche 2 jours par semaine ? C’est chaud… mais c’est bien.) en rose. On utilise des marqueurs craies parce que ça s’efface à l’eau. On met du masking tape à paillettes pour les vacances, un trait bleu pour les matins où y a piscine, des photos pour les anniversaires… Et on a un gros trombone jaune qu’on avance chaque jour. Quand on reçoit une invitation ou qu’on attend une visite, hop, un repère sur la bonne case ! Le ticket du ciné ou du musée : paf !
On utilise les 3 lignes pour la grande, la petite et toute la famille, mais ça peut aussi être le matin, le midi et le soir, ou l’école, la danse et les sorties… A chacun de s’approprier son temps et la ligne qui va avec !

Et du coup, j’me disais que ça vous ferait peut-être plaisir de vous en approprier une 🙂

J’en offrirai 3 en tirant au sort parmi les participants à ce petit jeu :
Partagez 5 bonheurs en commentaire sous l’article ou sous le post Facebook :
– un bonheur de l’année passée
– un bonheur à donner
– un bonheur oublié
– un bonheur désiré
– un bonheur partagé
N’hésitez pas à partager et à suivre le blog ou liker la page Facebook.

Le jeu m’a été inspiré par les supers ateliers Mon Moment Magique de Muriel qui m’ont donné un bon coup de pouce pour me reconnecter avec ma grande chérie qui se sentait délaissée au profit de sa petite sœur. (J’ai aussi lu Rivalités et Jalousies entre frères et sœurs de Faber & Mazlish qui m’a bien remis les idées en place et tout va mieux entre elles deux et donc, entre nous tous.)

Je commence :
– L’année passée : le lundi soir, en revenant du cours de dessin de la grande, on s’arrêtait à la brasserie du coin pour manger des frites avec du ketchup. (Mon plaisir étant surtout de les voir ravies et de ne pas faire à dîner.)
– A donner : Coller des gommettes en cœur à paillettes sur la table pour transformer l’omelette du soir en dîner de fête.
– Oublié : La liberté de marcher à grands pas rythmés dans Paris, SEULE, avec la musique à fond, sans avoir d’heure pour rentrer ni mal partout.
– Désiré : Un weekend en amoureux avec mon amoureux.
– Partagé : Une boum à 4 dans le salon en pyjama.

Allez ! 2018 bisous de bonne année pour vous ❤

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#metoo, #moiaussi bien sûr, mais voici 9 pistes pour éviter que nos enfants aussi

Je regarde mes enfants grandir et chaque jour, je les vois devenir… des filles.
Est-ce un mal, un bien ? C’est un fait.
Et je précise que ceci n’est pas un post sur la transexualité.

Heureusement, mes filles encore très jeunes n’ont pas encore eu à subir de harcèlement sexuel. Pourtant, le harcèlement sexué que j’observe souvent me laisse un goût étrangement amer. Quand j’entends les compliments incessants sur leur beauté, certains n’ayant absolument rien d’autre à leur dire ou à dire d’elles devant elles comme si elles n’étaient pas là, non, ça ne me fait pas plaisir. J’ai déjà entendu des gens de la famille répéter en boucle jusqu’à 20 fois « Comme elle est jolie ! Tu es jolie, hein ? Faut pas trop te le dire, hein, mais dis donc, elle est jolie, ta fille ! »
La grande, au début, ça la soûlait, mais elle commence à aimer ça.
Et il n’y a pas eu besoin d’attendre qu’elle ait 2 ans pour entendre quelqu’un lui dire que « Ah, tu sais, les petits garçons sont un peu brutes, des fois, c’est comme ça. » Sans parler des « Sois gentilles. » qu’elles reçoivent plus souvent que des « Comment vas-tu ? » Chaque jour et de n’importe qui.

J’ai beau savoir que l’influence qu’elles reçoivent de nous, leurs parents, prévaudra, je sais que tout cela laisse des marques et je ne sais pas toujours comment lutter. J’aurais besoin que tout le monde sache que cela leur fait du mal, que cela les transforme pour faire d’elles de futures #moiaussi. Je ne veux pas laisser ça arriver, mais je ne veux pas non plus leur apprendre qu’elles devront toujours faire attention et savoir se défendre pour l’éviter.

Essayons de faire concrètement le lien entre harcèlement et agressions sexuels, et l’éducation au respect et au consentement. Cette éducation va bien au-delà de « la conversation » à avoir avec ses filles d’un côté et ses fils de l’autre.

Avec leur père, dans notre cheminement, on s’applique à ne pas leur donner une éducation genrée. C’est vrai qu’on kiffe le rose, mais elles ont autant de voitures que de poupées, savent qu’elles peuvent être aussi fortes que les garçons, se moquent d’eux s’ils les refusent pour jouer au foot, savent qu’elles ont une vulve et pas « pas de zizi », préfèrent porter des baskets même en robe pour courir plus vite et font des blagues de prout.

Pourtant, elles se transforment au contact des copines, de l’école, des cadeaux faits par notre entourage, et d’une sorte de brume qui les entoure… elles apprennent à minauder, elles valorisent de plus en plus la douceur (c’est cool, hein, la douceur, mais ce n’est pas une obligation), elles cherchent de plus en plus à plaire par leur physique et leur tenue, elles disent de moins en moins « regarde comme je suis forte, regarde ce que je sais faire » et de plus en plus « regarde comme je suis belle, tu me trouves jolie ? »

Je sens que tout cela prend de plus en plus de place dans leur tête et leur vie, au détriment de tant d’autres choses.

Ça me travaille.

La première agression sexuelle non-contestable, pour moi, c’était à 7 ans. Un exhibitionniste dans une minuscule cabine d’ascenseur. Il y en a eu beaucoup d’autres, comme la plupart de mes copines. Et comme la plupart de mes copines, je vais modérer, dire que je m’en sors bien, que je n’ai rien subi de trop grave… parce que pour la plupart, c’étaient des agressions ORDINAIRES.

C’est là que le lien avec l’éducation se fait, je crois.

Je ne lis pas trop les témoignages, c’est trop, et puis je sais déjà. Libérer la parole, c’est un de mes trucs. Mais je me dis que ces témoignages peuvent servir à dire, répéter, montrer, enseigner ce qui est vécu comme une agression, donc ce qui est une agression.

C’est utile, mais je crois que c’est déjà un peu tard dans le processus.

Vous allez me prendre pour une folle, mais je vois des agressions sur le corps de nos enfants à tous les coins de rue qui leur apprennent que leur corps n’est pas à eux. Les contraintes et injonctions sont permanentes, aussi douces soient elles, et elle commencent à la naissance.

Alors oui, j’ai essayé de toujours demander l’autorisation à mes enfants avant de leur retirer leur couche pour les changer et ce, avant même qu’elles fassent leur premier sourire, j’ai essayé de toujours prévenir ou demander avant de le leur nettoyer la figure ou de faire la moindre intervention sur leur corps. Ça semble un peu abusé ? Je crois que ça vaut la peine… (Plus d’info sur la campagne « On touche pas ici » du Conseil de l’Europe.)

Le jour où j’ai vu l’indignation dans le regard de ma plus grande parce qu’une adulte très proche se moquait d’elle et de ses « C’est mon corps, je suis chef de mon corps, et t’as pas le droit de me démêler les cheveux si je veux pas. », j’étais super fière.

On m’a fait la leçon, on m’a expliqué comme je l’élevais mal qu’elle ne devait pas se balader pleine de nœuds, qu’elle devait apprendre à prendre soin d’elle, à obéir…
Moi, j’étais fière d’elle.

  • Apprendre à tous nos enfants que leur corps est à eux et que le corps est précieux, que nul n’a le droit de le toucher sans leur accord, pas même nous, c’est leur donner le pouvoir de dire « NON » à un adulte ou quand ils seront ados puis adultes.
  • Leur apprendre que l’autre est l’égal d’eux-mêmes, c’est leur apprendre le respect de cet autre, peu importe qu’il soit une femme ou un homme.

 


Ces deux apprentissages, consentement et respect, n’ont pas besoin d’être roses ou bleus. Ils ont besoin d’être universels et inconditionnels.
Ces deux apprentissages, consentement et respect, ne passent pas par une petite leçon à un moment choisi. Ils doivent être prioritaires et permanents, dès le plus jeune âge.

 

Ce sont nos gestes et notre respect pour eux et pour les autres devant eux qui leurs permettront de ne pas perpétuer une société où les #moiaussi envahissent les conversations et les réseaux.

J’aimerais les protéger plus que ça…

  1. Faire taire les gens bien-intentionnés qui embrouillent l’esprit des filles par des  injonctions de beauté et de douceur et apprennent aux garçons à refouler leurs émotions et à être forts, durs…
  2. Chasser sans ménagement la main inconnue qui vient leur caresser les cheveux dans le bus.
  3. Oser jeter les livres pleins de princesses soumises qu’on leur offre si gentiment.
  4. Gâcher la soirée en expliquant en long et en large pourquoi « non, je n’insisterai pas pour que ma fille te fasse un bisou. Elle t’a dit bonjour poliment en te regardant dans les yeux, c’est déjà bien assez. J’aurais même préféré qu’elle ne se force pas à te sourire comme elle l’a fait puisqu’elle n’en avait pas envie vu que tu essayes de la faire culpabiliser parce que oh-mais-tu-voudrais-bien-un-petit-bisou-toi-tu-es-triste » !
  5. Passer pour une folle en disant « Peux-tu arrêter de lui parler de son physique, s’il te plaît et te taire si tu n’as rien d’autre à dire. »
  6. Être la méchante de l’histoire en disant « Le problème de ton fils, c’est pas qu’il est un garçon, donc un peu brutal avec ma fille, le problème de ton fils, c’est que tu ne lui apprends ni à se contrôler ni à respecter les autres. »
  7. Répéter chaque jour qu’en cessant de faire des différences entre les filles et les garçons, les hommes ne penseront plus que les femmes sont des trophées ou des proies, et agir en conséquence.
  8. Oser intervenir et parler en leur présence pour qu’aucune agression ne soit jamais ordinaire à leurs yeux.
  9. Plus que tout, respecter leur corps et leur consentement, parce qu’on s’en fout bien qu’ils n’aient pas pris de bain ce soir si ça peut leur montrer que nul n’a le droit de contraindre le corps de l’autre.

BORDEL !
Si vous saviez le temps que ça prend à une jeune fille puis une jeune femme d’apprendre tout ça toute seule… ou avec ses copines… ou en tout cas d’essayer, pour celles qui ont la chance d’en arriver là.
Tout ce qu’on nous pousse à intégrer quand on demande simplement à un copain du même âge de raccompagner notre fille du cinéma parce qu’il fera nuit. Qu’on la prévient, elle, que sa jupe est un peu courte, que ce n’est pas prudent.
Tous les ajustements qui s’en suivent et bouffent le cerveau.
Qui font qu’avant un oral ou un entretien, elle passera plus de temps à choisir sa tenue qu’à réviser et se mettre en conditions.

Si on m’avait épargné ça, je ne sais pas ce que j’aurais fait de tout ce temps de cerveau, mais à nous toutes, on aurait sans doute pu changer le monde.

Nos enfants n’ont pas à être des victimes ou des porcs, nous ne devrions pas avoir à protéger nos filles, à leur apprendre à se défendre, à éviter les ennuis. Nous ne devrions pas avoir à apprendre à nos garçons à être de parfaits défenseurs de la femme opprimée en osant se lever lorsque l’une d’elle est malmenée.

Nous devrions trouver comment apprendre à tous nos enfants que chacun mérite le respect.

Et on a besoin de l’aide de tous pour y arriver. S’il vous plaît.

Je suis certaine qu’il y a plein d’autres idées alors n’hésitez pas à compléter la liste et à partager… vos idées ! Dans les commentaires, au café, dans le métro, à table, à travers la porte des toilettes… partout, tout le temps.

Girafe

Artiste : Waj, artiste de Mareuil-sur-Cher Exposée à La Ferté-Beauharnais

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Dépliants anti-sexistes d’une maman avec de la suite dans les idées

Les garçons peuvent-ils aimer les paillettes ? Avoir les cheveux longs ? Les filles peuvent-elles inventer des trucs géniaux ? Aimer les ordinateurs ?
3 dépliants plutôt malins à imprimer et diffuser sans modération ❤

Les filles peuvent-elles inventer des trucs géniaux ?

Les garçons peuvent-ils mettre du vernis à ongles ?

https://mamanrodardeblog.files.wordpress.com/2017/09/depliants-antisexistes-filles2.pdf
https://mamanrodardeblog.files.wordpress.com/2017/09/decc81pliants-antisexistes-garccca7ons.pdf
https://mamanrodardeblog.files.wordpress.com/2017/09/depliants-antisexistes-filles1.pdf