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#metoo, #moiaussi bien sûr, mais voici 9 pistes pour éviter que nos enfants aussi

Je regarde mes enfants grandir et chaque jour, je les vois devenir… des filles.
Est-ce un mal, un bien ? C’est un fait.
Et je précise que ceci n’est pas un post sur la transexualité.

Heureusement, mes filles encore très jeunes n’ont pas encore eu à subir de harcèlement sexuel. Pourtant, le harcèlement sexué que j’observe souvent me laisse un goût étrangement amer. Quand j’entends les compliments incessants sur leur beauté, certains n’ayant absolument rien d’autre à leur dire ou à dire d’elles devant elles comme si elles n’étaient pas là, non, ça ne me fait pas plaisir. J’ai déjà entendu des gens de la famille répéter en boucle jusqu’à 20 fois « Comme elle est jolie ! Tu es jolie, hein ? Faut pas trop te le dire, hein, mais dis donc, elle est jolie, ta fille ! »
La grande, au début, ça la soûlait, mais elle commence à aimer ça.
Et il n’y a pas eu besoin d’attendre qu’elle ait 2 ans pour entendre quelqu’un lui dire que « Ah, tu sais, les petits garçons sont un peu brutes, des fois, c’est comme ça. » Sans parler des « Sois gentilles. » qu’elles reçoivent plus souvent que des « Comment vas-tu ? » Chaque jour et de n’importe qui.

J’ai beau savoir que l’influence qu’elles reçoivent de nous, leurs parents, prévaudra, je sais que tout cela laisse des marques et je ne sais pas toujours comment lutter. J’aurais besoin que tout le monde sache que cela leur fait du mal, que cela les transforme pour faire d’elles de futures #moiaussi. Je ne veux pas laisser ça arriver, mais je ne veux pas non plus leur apprendre qu’elles devront toujours faire attention et savoir se défendre pour l’éviter.

Essayons de faire concrètement le lien entre harcèlement et agressions sexuels, et l’éducation au respect et au consentement. Cette éducation va bien au-delà de « la conversation » à avoir avec ses filles d’un côté et ses fils de l’autre.

Avec leur père, dans notre cheminement, on s’applique à ne pas leur donner une éducation genrée. C’est vrai qu’on kiffe le rose, mais elles ont autant de voitures que de poupées, savent qu’elles peuvent être aussi fortes que les garçons, se moquent d’eux s’ils les refusent pour jouer au foot, savent qu’elles ont une vulve et pas « pas de zizi », préfèrent porter des baskets même en robe pour courir plus vite et font des blagues de prout.

Pourtant, elles se transforment au contact des copines, de l’école, des cadeaux faits par notre entourage, et d’une sorte de brume qui les entoure… elles apprennent à minauder, elles valorisent de plus en plus la douceur (c’est cool, hein, la douceur, mais ce n’est pas une obligation), elles cherchent de plus en plus à plaire par leur physique et leur tenue, elles disent de moins en moins « regarde comme je suis forte, regarde ce que je sais faire » et de plus en plus « regarde comme je suis belle, tu me trouves jolie ? »

Je sens que tout cela prend de plus en plus de place dans leur tête et leur vie, au détriment de tant d’autres choses.

Ça me travaille.

La première agression sexuelle non-contestable, pour moi, c’était à 7 ans. Un exhibitionniste dans une minuscule cabine d’ascenseur. Il y en a eu beaucoup d’autres, comme la plupart de mes copines. Et comme la plupart de mes copines, je vais modérer, dire que je m’en sors bien, que je n’ai rien subi de trop grave… parce que pour la plupart, c’étaient des agressions ORDINAIRES.

C’est là que le lien avec l’éducation se fait, je crois.

Je ne lis pas trop les témoignages, c’est trop, et puis je sais déjà. Libérer la parole, c’est un de mes trucs. Mais je me dis que ces témoignages peuvent servir à dire, répéter, montrer, enseigner ce qui est vécu comme une agression, donc ce qui est une agression.

C’est utile, mais je crois que c’est déjà un peu tard dans le processus.

Vous allez me prendre pour une folle, mais je vois des agressions sur le corps de nos enfants à tous les coins de rue qui leur apprennent que leur corps n’est pas à eux. Les contraintes et injonctions sont permanentes, aussi douces soient elles, et elle commencent à la naissance.

Alors oui, j’ai essayé de toujours demander l’autorisation à mes enfants avant de leur retirer leur couche pour les changer et ce, avant même qu’elles fassent leur premier sourire, j’ai essayé de toujours prévenir ou demander avant de le leur nettoyer la figure ou de faire la moindre intervention sur leur corps. Ça semble un peu abusé ? Je crois que ça vaut la peine… (Plus d’info sur la campagne « On touche pas ici » du Conseil de l’Europe.)

Le jour où j’ai vu l’indignation dans le regard de ma plus grande parce qu’une adulte très proche se moquait d’elle et de ses « C’est mon corps, je suis chef de mon corps, et t’as pas le droit de me démêler les cheveux si je veux pas. », j’étais super fière.

On m’a fait la leçon, on m’a expliqué comme je l’élevais mal qu’elle ne devait pas se balader pleine de nœuds, qu’elle devait apprendre à prendre soin d’elle, à obéir…
Moi, j’étais fière d’elle.

  • Apprendre à tous nos enfants que leur corps est à eux et que le corps est précieux, que nul n’a le droit de le toucher sans leur accord, pas même nous, c’est leur donner le pouvoir de dire « NON » à un adulte ou quand ils seront ados puis adultes.
  • Leur apprendre que l’autre est l’égal d’eux-mêmes, c’est leur apprendre le respect de cet autre, peu importe qu’il soit une femme ou un homme.

 


Ces deux apprentissages, consentement et respect, n’ont pas besoin d’être roses ou bleus. Ils ont besoin d’être universels et inconditionnels.
Ces deux apprentissages, consentement et respect, ne passent pas par une petite leçon à un moment choisi. Ils doivent être prioritaires et permanents, dès le plus jeune âge.

 

Ce sont nos gestes et notre respect pour eux et pour les autres devant eux qui leurs permettront de ne pas perpétuer une société où les #moiaussi envahissent les conversations et les réseaux.

J’aimerais les protéger plus que ça…

  1. Faire taire les gens bien-intentionnés qui embrouillent l’esprit des filles par des  injonctions de beauté et de douceur et apprennent aux garçons à refouler leurs émotions et à être forts, durs…
  2. Chasser sans ménagement la main inconnue qui vient leur caresser les cheveux dans le bus.
  3. Oser jeter les livres pleins de princesses soumises qu’on leur offre si gentiment.
  4. Gâcher la soirée en expliquant en long et en large pourquoi « non, je n’insisterai pas pour que ma fille te fasse un bisou. Elle t’a dit bonjour poliment en te regardant dans les yeux, c’est déjà bien assez. J’aurais même préféré qu’elle ne se force pas à te sourire comme elle l’a fait puisqu’elle n’en avait pas envie vu que tu essayes de la faire culpabiliser parce que oh-mais-tu-voudrais-bien-un-petit-bisou-toi-tu-es-triste » !
  5. Passer pour une folle en disant « Peux-tu arrêter de lui parler de son physique, s’il te plaît et te taire si tu n’as rien d’autre à dire. »
  6. Être la méchante de l’histoire en disant « Le problème de ton fils, c’est pas qu’il est un garçon, donc un peu brutal avec ma fille, le problème de ton fils, c’est que tu ne lui apprends ni à se contrôler ni à respecter les autres. »
  7. Répéter chaque jour qu’en cessant de faire des différences entre les filles et les garçons, les hommes ne penseront plus que les femmes sont des trophées ou des proies, et agir en conséquence.
  8. Oser intervenir et parler en leur présence pour qu’aucune agression ne soit jamais ordinaire à leurs yeux.
  9. Plus que tout, respecter leur corps et leur consentement, parce qu’on s’en fout bien qu’ils n’aient pas pris de bain ce soir si ça peut leur montrer que nul n’a le droit de contraindre le corps de l’autre.

BORDEL !
Si vous saviez le temps que ça prend à une jeune fille puis une jeune femme d’apprendre tout ça toute seule… ou avec ses copines… ou en tout cas d’essayer, pour celles qui ont la chance d’en arriver là.
Tout ce qu’on nous pousse à intégrer quand on demande simplement à un copain du même âge de raccompagner notre fille du cinéma parce qu’il fera nuit. Qu’on la prévient, elle, que sa jupe est un peu courte, que ce n’est pas prudent.
Tous les ajustements qui s’en suivent et bouffent le cerveau.
Qui font qu’avant un oral ou un entretien, elle passera plus de temps à choisir sa tenue qu’à réviser et se mettre en conditions.

Si on m’avait épargné ça, je ne sais pas ce que j’aurais fait de tout ce temps de cerveau, mais à nous toutes, on aurait sans doute pu changer le monde.

Nos enfants n’ont pas à être des victimes ou des porcs, nous ne devrions pas avoir à protéger nos filles, à leur apprendre à se défendre, à éviter les ennuis. Nous ne devrions pas avoir à apprendre à nos garçons à être de parfaits défenseurs de la femme opprimée en osant se lever lorsque l’une d’elle est malmenée.

Nous devrions trouver comment apprendre à tous nos enfants que chacun mérite le respect.

Et on a besoin de l’aide de tous pour y arriver. S’il vous plaît.

Je suis certaine qu’il y a plein d’autres idées alors n’hésitez pas à compléter la liste dans les commentaires, dans la vie, partout.

Girafe

Artiste : Waj, artiste de Mareuil-sur-Cher Exposée à La Ferté-Beauharnais

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Dépliants anti-sexistes d’une maman avec de la suite dans les idées

Les garçons peuvent-ils aimer les paillettes ? Avoir les cheveux longs ? Les filles peuvent-elles inventer des trucs géniaux ? Aimer les ordinateurs ?
3 dépliants plutôt malins à imprimer et diffuser sans modération ❤

Les filles peuvent-elles inventer des trucs géniaux ?

Les garçons peuvent-ils mettre du vernis à ongles ?

https://mamanrodardeblog.files.wordpress.com/2017/09/depliants-antisexistes-filles2.pdf
https://mamanrodardeblog.files.wordpress.com/2017/09/decc81pliants-antisexistes-garccca7ons.pdf
https://mamanrodardeblog.files.wordpress.com/2017/09/depliants-antisexistes-filles1.pdf

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Maman mène l’enquête

Y a des moments où j’ai l’impression d’être détective !

Mmm… Ce bébé dort mal depuis quelques jours… Fatalité ? Jamais !
Bon, on a le droit de mal dormir, c’est vrai, mais si ça peut être évité, autant s’épargner les tronches de déterrés et les bleus à force de s’asseoir à côté des chaises.

Rappel des faits

  • 1 an
  • Allaitée à la demande
  • Cododotée
  • Grogne et gémit dans la nuit au lieu de se retourner, choper un sein et se rendormir la bouche pleine et en silence

Liste des pistes envisagées

  • Il fait trop chaud. (C’est souvent le cas.)
  • Il fait pas assez chaud. (Peu probable.)
  • On l’a couchée trop tôt, trop tard. (Bof. On l’a couchée quand elle a eu l’air d’avoir sommeil.)
  • Elle a faim et commence à avoir besoin de solides de façon plus « sérieuse ». (Elle s’est diversifié comme une grande et a tout ce qu’il faut à dispo au dîner. Je sors l’entonnoir ?)
  • Le chat lui marche dessus dans la nuit. (J’ai trouvé une moustache !)
  • Elle a un reflux. (Mieux avec un oreiller… Et puis non la nuit d’après.)
  • Je n’ai pas assez de lait. (Ou il y a trop de grenadine dedans ? Nan, mais sérieux, ça coule quand on appuie et ça glougloute à gogo.)
  • On est passés aux grenouillères pour l’hiver et du coup, elle peut plus faire du peau à peau plante des pieds contre mon ventre. (Rigolez pas, c’est une piste hyper sérieuse !)
  • À un an, il se passe des trucs dans le cerveau et ça les empêches de dormir. (OK… Ça passe bientôt ?)

Conclusion de l’enquête

Alors ok, ça prend un peu plus la tête que de juste fermer la porte pour ne pas entendre, mais ça fonctionne et j’pense que c’est vachement plus intéressant, à court et à long terme, pour elle comme pour nous.

Solution du mystère

Et si le coupable était un de ces grands changements qui se préparent et qui perturbent l’enfant dans toute sa personne tant ils sont une révolution pour lui ? Mmm… Possible… Surtout que : ELLE A FAIT SES PREMIERS PAS AUJOURD’HUI !! YOUPI !!

 

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Que celui qui a déjà frappé pose la première pierre

Bonjour,
Je suis maman de 2 enfants : une fille de 4 ans et demi et un garçon de 2 ans.
Ce n’est pas facile de s’exprimer dans un groupe dont on ne connait personne.
Mais voila, j’ai besoin d’avancer…

Je suis violente avec ma fille.

Ça a le mérite d’être clair car je ne peux plus de me voiler la face.

J’ai toujours été pour la fessée. J’en ai reçu beaucoup, beaucoup… et je me dis que j’ai plutôt bien réussi ma vie, que je suis bien éduquée….
Alors, je crie, je hurle comme une folle. je mets des fessées à ma fille…
Et puis un jour, après une fessée, j’ai pensé très fort que si je devais sacrifié l’un de mes deux enfants, je choisirais ma fille sans hésitation… le choix de Sophie en somme.

Alors, ce jour-là, je me suis tuée…
Oui, je suis morte ce jour-là….
Morte de honte, morte de dégoût…
Pourquoi je hais ma fille à ce point ?
Parce que ma fille me ressemble.
Parce que, quand elle crie « t’es moche », « je vais te taper », c’est moi… parce que quand elle lève le bras pour me taper, c’est moi….
Parce que c’est moi que je déteste, pas elle…
Parce que mon éducation que je croyais parfaite fut humiliante et violente. Parce qu’une fessée, c’est grave… parce qu’un enfant sur qui on crie, c’est un peu de confiance en lui qu’on lui arrache…
Parce que une petite fessée, ça fait du mal et ça me fait pas du bien…
Parce que ma colère, c’est a moi qu’elle appartient, et à personne d’autre…
Parce que c’est ma faute…
Parce que c’est moi qui dois changer et reprendre ce qu’on m’a volé pour le donner à ma fille…
Parce que j’ai pas envie que ma fille trouve ça normal d’être frappée.
Parce que j’ai pas envie que mon fils trouve ça normal que maman frappe…

J’ai décidé de consulter un psychiatre.
J’ai décidé de ne plus crier et taper. De faire autrement.
J’en ai parlé à mon mari qui s’énerve facilement, mais arrive à se maitriser. Pas moi. On est d’accord…

Il n’y a pas de violence douce… il y a la violence.

Merci de m’avoir lue.

Je voudrais des conseils quand je commence à sentir la colère l’envahir… comment réagir….

Il y a quelques heures, une maman qui préfère rester anonyme a posté un message sur l’un des groupes Facebook que je suis régulièrement : Maternage alternatifs et éducation sans violence. Elle a déjà reçu près d’une centaine de messages d’encouragements et des dizaines de précieux conseils. Elle m’a autorisé à publier son message.

Pourquoi j’ai eu envie de le faire ? Parce qu’on me dit un jour sur deux que « tout ça », c’est pas pour les parents qui tapent vraiment, que les parents violents, ils ne nous liront jamais, ça sert à rien de leur expliquer… Et moi, je crois qu’ils peuvent décider de changer, que cela demande un courage immense et une remise en question abyssale, mais que c’est possible. Cette maman en est la preuve vivante et son post sincère et émouvant explique comment une bonne personne peut faire du mal à ceux qui lui sont chers. Comment elle a démonté elle-même ces phrases qu’on entend sans arrêt : « Ça n’a jamais fait de mal. » « Je suis devenue quelqu’un de bien. », etc.

Je n’arrête pas de relire la dernière ligne. Je suppose qu’elle a voulu écrire « quand je sens la colère M’envahir.. » et elle a écrit « L’envahir… » Le psy se régalerait. Je lui ai quand même dit de faire attention car certains psy sont encore trop freudiens et NON, L’ENFANT N’EST PAS UN ÊTRE VICIEUX QUI A BESOIN DE NOUS POUR RENTRER DANS LE DROIT CHEMIN.

En tout cas, j’espère que ça nous donnera envie à tous de continuer à planter des petites graines à tous les coins de rue. Même pas besoin de permis comme pour végétaliser les rues de Paris !

Je vous colle ici ce que je lui ai répondu, faute de pouvoir reproduire tous les encouragements qu’elle a reçus :

Il y a plein de conseils, plein de solutions, et je suis sûre que ta vie va changer, mais pour l’instant, je veux juste te dire bravo et merci pour ton courage et la franchise de tes mots. Ce ne sera pas facile, mais ce sera beau, et ta fille a de la chance car elle saura qu’on peut changer, se remettre en question, et devenir meilleur.
A ta place, c’est à elle que je parlerais, que je demanderais pardon, que j’expliquerais et que je demanderais de l’aide, en plus du reste, bien sûr.
Ma fille a le même âge et quand je crie, elle apprécie que je m’excuse. Quand je suis à bout, je lui demande de m’aider. Quand je crie, elle me dit « Stop, maman. Tu t’énerves. Respire. »
Bientôt. Courage. Bravo.

Vidéo
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Captain Fantastic : encore un super héros ?

Aujourd’hui, j’avais juste envie de vous conseiller ce film qui sort en France mercredi prochain.

Film annonce Captain Fantastic

Je pense que les réflexions qu’il amène sur la déscolarisation et l’école à la maison sont un peu extrêmes, mais très intéressantes.
J’ai aussi été très touchée et intéressée par la façon dont la mort et le deuil sont traités.
Et surtout, j’ai trouvé ce film sublime.

Je n’en dis pas plus pour ne pas vous le gâcher. On en parle après, OK ?

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